Peut-on avoir peur de la réussite alors même que nous ressentons très fortement cette envie de réussir ? Vous venez de prendre un nouveau poste, l’entreprise vous fait confiance en vous attribuant le périmètre de responsabilités dont vous rêviez et elle compte sur vous pour mener à bien vos nouvelles missions… Ou bien vous avez décidé de monter votre boîte, pour donner vie à ce projet qui vous taraude depuis si longtemps… Ou encore vous vous lancez dans la réalisation d’un projet familial, amical ou associatif qui vous tient particulièrement à cœur…

Vous avez envisagé les risques et les embûches et craignez même parfois d’échouer dans ce nouveau challenge, dans cette nouvelle tranche de vie. Vous souhaitez plus que tout réussir et pourtant, quelque part au fond de vous, la possibilité de réussir vous inquiète… voire même vous fait peur. Et si réussir représentait un réel danger ?

Mais de quoi a-t-on peur au juste ?

Peur d’être « dépassé » par le succès, de ne pas parvenir à faire face à ces nouveaux challenges, crainte que le succès vienne bousculer une vie dans laquelle vous vous sentez bien, vous mettre en difficulté ou rompre un équilibre que vous avez mis du temps à construire… Et si je me laisse dépasser, si je n’arrive pas à gérer ?

Peur de sortir du lot, car en réussissant, vous prenez le risque de vous faire remarquer et pouvez craindre cette mise en lumière, cette différenciation. On trouve cette peur chez certains sportifs de haut niveau qui redoutent l’exposition médiatique, qui craignent de « prendre la grosse tête » et de détériorer leurs liens amicaux, familiaux. Et pour vous, quels risques à sortir du lot ?

Peur de l’inconnu, car vous savez que pour réussir, vous allez être entraîné hors de votre zone de confort, au-delà de vos limites. Et peut-être craignez-vous que, plus vous avancez sur le chemin de la réussite, plus les limites seront difficiles à dépasser. Qu’en est-il de ces limites au-delà desquelles vous craignez d’aller ?

Peur d’arriver au bout du chemin et de ne plus avoir de challenge, de projet, d’envie d’aller de l’avant, crainte de décevoir également : « si je réussis ça, il y a quoi après pour moi ? ». C’est la crainte de l’abîme lorsque l’on atteint les cimes, c’est-à-dire la crainte qu’après une belle ascension il y ait une désagréable descente. Le tennisman Rafaël Nadal décrit très bien cette peur de gagner et de devenir N°1 mondial dans son livre Rafa. Elle lui coûtera d’ailleurs pour partie la victoire en finale de Wimbledon en 2007 contre Roger Federer… et suscitera un travail mental spécifique qui lui permettra de gagner de ce même tournoi en 2008 lors d’un match mémorable .

Que faire avec sa peur de réussir ?

Rien ne sert de nier sa peur. Il s’agit d’abord de la reconnaître, car toute émotion a une utilité et agit comme un clignotant. La peur est comme une pédale de frein. Elle sert à signaler la perception d’une situation à venir qui nécessite de la prudence. Soit parce que le danger est réel et dans ce cas elle nous invite à nous préparer pour affronter intelligemment la situation, soit parce que la situation est nouvelle, et dans ce cas elle peut nous indiquer que nous sentons insuffisamment préparés et que nous devons mieux nous préparer.

Gérer sa peur, c’est donc d’abord l’accueillir, la reconnaître et tenir compte du message qu’elle véhicule, pour pouvoir l’utiliser de façon positive et en faire une alliée pour conserver sa capacité d’agir.

Les questions à se poser pour instaurer la confiance

« Nos peurs sont des tigres en papier » affirme un proverbe chinois, comme ces ombres qui, projetées sur un mur blanc, transforme le mouvement de vos doigts amusés en un terrible monstre rugissant. Aussi, il est utile de prendre du recul en se posant quelques questions aidantes que je vous livre ici.

Qui fixe les priorités de votre vie professionnelle et/ou personnelle ? Qui fait les choix, prend les décisions, dit « oui » ou « non » ? C’est vous qui décidez ! Votre réussite ne vous enlève pas votre pouvoir de décision. Vous gardez la possibilité de choisir et d’agir à votre façon, de poser les limites qui sont importantes pour vous et de maintenir l’équilibre qui vous convient. Un coaching pour renforcer votre assertivité peut être utile si vous vous sentez fébrile sur cette dimension.

Quels sont les personnes dont vous avez pris la réussite comme modèle ? Que vous ont-elles apporté ? Qu’avez-vous « pris » de leurs bonnes pratiques ? Quelles relations avez-vous entretenu avec elles depuis ? Votre succès peut ouvrir la porte à d’autres réussites et donner de l’élan à votre équipe et à votre entourage pour s’engager sur le chemin de leur propre réussite. Réussir et donner envie de réussir, sympathique non ?

De quoi êtes-vous fier aujourd’hui ? Quelles sont les choses que vous ne pensiez jamais parvenir à réaliser que vous avez finalement réussies ? Quels sont les éléments tangibles qui vous permettent d’affirmer que ce sera plus difficile cette fois-là ?  C’est justement parce que vous avez osé explorer vos limites que vous avez pu faire l’expérience que vous étiez capable de les dépasser, avec du travail certes, mais aussi souvent beaucoup de plaisir et de satisfaction. Qui ne tente rien n’a rien !

Quel sens à ce nouveau poste, ce projet? Qu’est-ce qu’il vous permet d’atteindre d’important pour vous ? Une fois que vous y serez, quel sera l’étape d’après ou le cap à plus long terme ? Positionner ses projets dans une perspective plus long terme permet de donner du sens, de relativiser les événements et de maintenir un haut niveau de motivation et d’engagement dans son projet.

Gaëlle coach professionnel MySuccess.fr       Article de Gaëlle, coach professionnel en ligne sur MySuccess.fr
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Peur de réussir : comment la dépasser ? 1/2

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